Eux
[ Avertissement : ce texte contient une scène de sexe explicite]
Un restaurant à l'ambiance feutrée. Une table ronde.
Le cœur battant, C. est assise entre eux.
D., l'homme qui partage sa vie et dont elle est follement amoureuse.
J., celui qu'ils ont décidé d'inviter à cette soirée, et un peu plus… L'ambiance est déjà électrique. Les regards sont complices. Les mains se frôlent sur la table. Les genoux se touchent sous le plateau de bois. En apparence, la conversation reste anodine, malgré les sous-entendus. Soudain, la main de J. se pose sur son genou. Elle tressaille quand ses doigts chiffonnent le tissu de sa robe pour atteindre la peau nue de sa cuisse.
— A-t-elle été obéissante ? demande-t-il à D.
— Évidemment, répond-il avec un sourire de connivence.
D. empoigne l’autre genou de C. Les jambes écartées sous la table, elle tremble à présent, consciente que bientôt elle sera complètement à leur merci. Les doigts de son compagnon griffent doucement sa peau jusqu'à son entrejambe, où ils rencontrent la dentelle de sa lingerie. Celle que lui et J. ont décidé qu'elle devait porter aujourd'hui.
— Tu n'as pas envie de vérifier ? propose-t-il à son complice.
Sans un mot, la main de J. rejoint celle de D. sur l’entrejambe de C. qui gémit, essayant de serrer les jambes. Mais leurs paumes combinées brisent sa faible résistance.
— Allons prendre le dessert ailleurs, annonce D.
Le trajet à pied jusqu'à l’hôtel est une lente torture pour C. Marchant serrée entre les deux hommes, la moindre friction de leurs bras nus contre les siens la fait frissonner. Parfois, la main de D. se pose au creux de ses reins dans une pression possessive, tandis que l’index de J. caresse la courbe de son coude, lui rappelant ce qui l'attend.
C. est aussi impatiente que fébrile. Cette expérience, elle en a longtemps rêvé. Mais sera-t-elle à la hauteur du fantasme ?
Elle entre la première dans la chambre avant de se retourner pour leur faire face. D. qu'elle connaît si bien. J. qu'elle a hâte de découvrir. Ils la fixent en silence. Le poids de leurs regards conjugués lui dicte sa conduite. Prenant une profonde inspiration, elle déboutonne lentement le devant de sa robe avant de la laisser glisser à ses pieds. L'effet est immédiat. Sous la sage apparence de sa tenue se dévoile le gage de sa soumission : un harnais de cuir noir qui souligne et expose ses seins nus, complété par un string en dentelle transparente. J. s'immobilise, le regard rivé sur le contraste de la peau et du cuir, tandis que D. savoure l'impact de sa surprise.
D. fait un pas en avant, sa main droite venant envelopper fermement son cou pour ancrer son regard, tandis que sa gauche plonge entre ses cuisses pour cueillir son humidité. Trouvant la dentelle déjà trempée, il l'embrasse sauvagement, marquant son territoire avant de murmurer contre ses lèvres :
— Prête ?
C. acquiesce dans un souffle, les yeux brillants d'une docilité fiévreuse.
Dans l’entrée de la chambre, J. observe la scène, le corps tendu, attendant le signal. D. libère C. qui recule d'instinct jusqu'au lit. Il se tourne alors vers son invité :
— À toi l'honneur.
J. approche, brisant la distance. Il passe lentement son pouce sur les lèvres de C., respectant le territoire de D. pour ce qui est des baisers, puis laisse ses doigts descendre le long de sa mâchoire, s'attarder sur sa clavicule, avant de glisser entre ses seins. Ce contact inconnu embrase le ventre de C. Ses derniers doutes s'évaporent.
La tension dans la pièce devient presque tangible. Les deux hommes l'encerclent, et elle peut sentir leur érection pressée contre ses hanches.
Leur attitude est claire : son corps leur appartient désormais et ils vont s'évertuer à la conduire vers le plaisir.
— Branle-nous, ordonne D.
Se laissant tomber à genoux, elle s'exécute. Saisissant leurs sexes dressés dans chacun de ses poings, elle les caresse avec ferveur. Les grognements sourds qui échappent aux deux hommes alimentent son excitation.
— Maintenant, tu vas nous sucer l’un après l’autre, commande J., la voix durcie par le plaisir.
Obéissante, elle se précipite sur son sexe, découvrant la texture de cette nouvelle peau entre ses lèvres et le goût des premières gouttes de son désir. D. recule d'un pas pour s'offrir le spectacle.
— Alors J. ? Ne t'avais-je pas promis que c'était une belle salope ?
Pour toute réponse, J. plonge ses doigts dans les cheveux de C., affirmant son contrôle. En levant les yeux, elle voit son compagnon s'installer dans le fauteuil au coin de la pièce. Le sexe en main, le regard sombre et brûlant, il observe la scène avec une fierté évidente. Cette complicité masculine fait sauter ses dernières réticences.
Agrippant le harnais de C., J. la force à se relever. Il la plaque dos à lui, l'enveloppant de son corps. De son autre main, il dégage son cou qu'il embrasse, lèche, mordille une longue minute avant de la pousser sur le lit. Puis, d'une poussée ferme, il la bascule sur le matelas. D'un geste, il fait glisser le string jusqu'à ses chevilles.
— Ma belle indécente ! s'écrit D. depuis son fauteuil.
— Je vais la baiser ton indécente salope !
Joignant le geste à la parole, J. serre les hanches de C. y imprimant la marque de ses doigts avant de plonger en elle d'une seule poussée. Elle lâche un cri, les avant-bras ancrés dans les draps pour ne pas plier sous l'impact.
Ses repères volent en éclats face à cette double stimulation : la possession physique de J. et le regard incendiaire de l’homme qu’elle aime. Ses entrailles sont en feu. Son corps un brasier.
D. ne peut plus rester spectateur. Il rejoint le lit et s'installe à la tête de C. Dès qu'il lui présente son sexe, elle s'empresses de le prendre en bouche. Les mains crispées dans les draps, il rugit :
— Oh putain ! Mais quelle salope !
C. se laisse submerger par cette intensité brute. Prise entre eux deux, paradoxalement libre, elle vibre jusqu'au plus profond d’elle-même. Les vagues du plaisir la submergent, ses spasmes enserrant le sexe de J. tandis que ses gémissements étouffés vibrent contre celui de D. Le rythme change.
Bientôt, le rythme change et D. prend la place de J., se glissant entre les cuisses tremblantes de C. qui bascule sur le côté.
— Nous n'en avons pas fini avec toi ! Reste tranquille ! la gronde-t-il en assenant une claque brutale sur sa fesse.
Ce geste lui arrache un sourire provocateur qui achève de les rendre fous. J. offre à nouveau son sexe à ses lèvres, qu'elle accueille aussitôt.
Les trois corps s'accordent dans une cadence effrénée. La jouissance les cueille les uns après les autres.
D. d'abord qui se déverse en elle, une main crispée sur son sein et l'autre autour de son cou. Sous les doigts de cette dernière, il arrive à sentir les spasmes de plaisir de J. qui inondent la gorge de la soumise.
Et C. qui jouit dans les bras de ses deux amants, serrée entre eux, entourée.
Ils s'écroulent sur le matelas, C. calée entre les deux hommes. Ce calme est d'une infinie douceur après la tempête.
Elle murmure un merci épuisé. Elle sent leurs bras autour de sa poitrine, sa taille, ses hanches. Sous leurs douces caresses, elle soupire, repue.
Le moment est tout aussi intense que tout ce qui vient de se dérouler.
Le temps s'étire en silence. Ils profitent les uns des autres sans précipitation.
Puis, doucement, le jeu reprend. Les caresses de J. se font plus précises sur sa peau, tandis qu’il embrasse sa nuque. D. trace des cercles paresseux sur ses hanches avant de s’emparer de ses lèvres dans un baiser profond.
Se dégageant doucement de leur étreinte, C. redresse à peine la tête, les yeux mi-clos mais le regard brillant :
— Aurais-je le droit à un deuxième round ?
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